Trêves CLEMENTINIACUS
TREVES
Clémentiniacus
Au début du Moyen Age, la rive Sud de la Loire, seule à l'abri des inondations possédait la plupart des habitations. Le domaine de CLEMENTINIACUS, mentionné dès 769, possession des moines de Saint-Aubin d'Angers, est connu sous le nom de Trevie en 1036. Disputé entre les comtes de Touraine et d'Anjou, Foulques Nerra le conquit et y construisit un premier château avant 1025. Les seigneurs de Trèves, vassaux des comtes d'Anjou, dont l'autorité s'étendait sur les deux rives du fleuve, y fondèrent un bourg au début du XIIè siècle. Les moines de Saint-Aubin en desservirent un moment l'église, mais revinrent bientôt à leur siège primitif, le prieuré de Saint-Macé, situé sur la hauteur, tout en conservant une maison près de l'église Saint-Aubin. La paroisse de Trèves s'étendait primitivement aussi sur la rive Nord de la Loire. A partir du XIIè siècle, ces terres, protégées par les levées, sont défrichées, mises en culture, et se peuplent progressivement.
En face de Cunaud et de Trèves, Saint-Clément-des-Levées, pourvu d'abord d'une chapelle au début du XIVè siècle, doté d'un service religieux régulier en 1505, d'un vicaire résidant en 1696, avait une population de 200 familles, alors que Trèves n'en possédait que 30 seulement.
C'est ce qui explique que la paroisse de trèves fut supprimée en 1809, et réunie à celle de Cunaud. De même la commune de Trèves fut, en 1839, unie à sa voisine sous le nom de trèves-Cunault.
L'église de Trèves, abandonnée et en mauvais état, fut restaurée par les soins de Mgr Armand-René Maupoint (1810-1871), originaire de Chênehutte-les-Tuffeaux (1), évêque de l'île de La Réunion. Endommagée en 1944, elle a été restaurée à nouveau (2). Elle est desservie par le curé de Cunaud.
La seigneurie de Trèves doit son origine à un château, fondé en 1025 par Foulques Nerra, Foulques III, comte d'anjou, pour appuyer son entreprise de conquête (3) du Saumurois et de la Touraine. Inféodée à diverses familles depuis la fin du Xiè siècle, elle fut acquise en 1417 par Robert le Maczon, chancelier de France (4), qui reconstruisit le château. Par héritage de Jean le Maczon, neveu du chancelier, elle appartenait en 1616 à Pierre de Laval, baron de Lezay, et à son épouse Isabelle de Rochechouart-Mortemart, qui embellirent le château du Xvè siècle par un pavillon neuf et des jardins en terrasse. Le cardinal de Richelieu acheta la seigneurie en 1642, pour sa nièce Claire-Clémence de Maillé, qu'il avait marié au Grand Condé. Elle fut cédée en 1747 à Jean de Stapleton, seigneur irlandais fidèle à Jacques II, réfugié en France. Celui-ci établit sa résidence dans la maison du prieur à Cunaud, et fit raser le château. Seul le donjon fut épargné (5).
(1) Aujourd'hui (1995) les trois communes sont réunies sous le nom de Chênehutte-Trèves-Cunault (note de BG)
(2) A ce jour , 11 août 1995, le clocher vient d'être déposé et refait entièrement à neuf. (voir photos) (note de BG)
(3) L'histoire dit que Foulques s'arrêta ici et y signa une trèves, d'où le nom du village (note de BG)
(4) Son gisant repose à la droite de l'entrée de l'église (note de BG)
(5) On peut encore l'admirer aujourd'hui, mais racheté par un particulier, on ne le visite plus, seulement lors des journées du patrimoine en Septembre. (note de BG)

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